Pensées d'adultes/ Le château et la tour

Nous pensons qu'il est important que nos enfants connaissent les textes fondamentaux de notre société. Il s'agit simplement de les rendre accessibles. Voici ci-dessous l'exemple de "La tour de Babel" que nous avons revisitée dans le respect du sens : les très jeunes enfants savourent ce texte avec enthousiasme !

 En ce temps-là, à Babylone vivait Nemrod. C'était un roi tout-puissant dans cette ville aux grandes murailles, aux jardins suspendus, située entre deux fleuves le Tigre et l'Euphrate. Babylone était prospère. La culture de l'épeautre avait sédentarisé ses habitants et les nourrissait abondamment. L'invention de la roue et de la noria permettait l'irrigation sans modération des cultures dans les champs.

Les babyloniens auraient pu être très heureux si leur roi ne régnait pas avec tant de cruauté : Nemrod était appelé « le chasseur » car tous les
animaux des alentours, chaque bête sauvage qui vivait sur la terre et chaque oiseau qui volait dans le ciel, lui obéissaient. Nemrod possédait un secret que personne d'autre que lui ne connaissait ! Il portait une tunique confectionnée avec des peaux de bêtes. Cette tunique était magique et lui conférait un tel pouvoir que tous les animaux se prosternaient devant lui. Nemrod était aussi invincible, rien ne pouvait l'atteindre et les flèches ne le blessaient pas. Ce monarque pourtant si puissant craignait de se faire voler sa tunique. Ainsi, jour après jour, Nemrod devenait plus méchant, plus violent et désirait toujours plus de puissance.

Le roi nourrissait quatre jeunes aiglons avec de la viande. Lorsqu'ils arrivèrent à l'âge adulte, il les attacha à une nacelle qu'il remplit de morceaux de chair et y prit place. Il nourrit alors régulièrement les aigles afin que la nacelle s'élève très haut dans les cieux, si haut qu'elle dépassa la lumière et pénétra dans les ténèbres. Nemrod eut très peur et jeta la viande. Alors les aigles fendirent le ciel en direction de la terre : le roi chuta violemment.

Nemrod voulut être plus fort que le dieu qui habitait dans le ciel. Alors il réunit tous les Babyloniens et leur dit : « nous allons maintenant
construire une tour tellement haute qu'elle entrera dans les cieux. Ainsi notre célébrité s'étendra dans le monde entier ».Tous les hommes se mirent au travail. En ces temps-là, tous parlaient la même langue. Ils communiquaient et se comprenaient sans problèmes. Ils réussirent ainsi à fabriquer de belles briques très solides en les cuisant à l'intérieur de grands feux : la tour commençait lentement à s'élever. Les ouvriers travaillaient dur jour et nuit. Ils agençaient les briques avec beaucoup de précaution et de précision et les transportaient au sommet de la tour de plus en plus haute. lls paraissaient maintenant aussi petits que des fourmis !

C'est alors que le dieu qui règne dans le ciel estima que la tour s'avérait trop élevée et émit une idée : « allons, descendons » se dit-il
« et confondons les langages des hommes afin qu'ils ne se comprennent plus les uns les autres ». Il fit ce qu'il dit. Alors les hommes ne se comprirent plus ; ils parlaient tous des langues différentes et ne réussissaient plus à travailler ensemble. Les accidents se multiplièrent : des briques mal fabriquées, pas assez ou trop cuites, des effondrements plus ou moins importants dans la construction. Les ouvriers commençaient aussi à se disputer, parfois à se battre. Le soleil s'éclipsa lentement... et la nuit apparut.

Alors la construction de la tour s'arrêta et jamais elle ne toucha le ciel. Les hommes qui ne se comprenaient plus abandonnèrent Nemrod et sa belle cité. Ils se séparèrent et s'en allèrent chacun de leur côté avec leur famille. Leurs routes étaient ailleurs...

Quant à la tour abandonnée, on la nomma Tour de BABEL.


Nos idées en vrac

fleche-rose Et voici l'analyse symbolique de ce texte :

" A la lumière du symbolisme, l'histoire de la Tour de Babel apparaît comme celle d'un groupe nomade. Il se déplace, ce qui signifie qu'il évolue, qu'il cherche. puis voilà qu'il s'arrête, se considère comme "arrivé", "accompli". Ses membres n'ont-ils plus rien à apprendre ? Ils se comprennent, vivent en harmonie. Mais à mesure de la fabrication des briques, la stabilité installée engendre avec elle le désir de se protéger des influences extérieures. Ce faisant, la Tour doit aussi les glorifier, les rendre tels des dieux, leur donner un nom, pour signifier l'accomplissement de leur intelligence. Alors Dieu intervient et confond leurs langages afin qu'ils se dispersent. Pourquoi cette punition ? Pourquoi la confusion des langages ? Plusieurs solutions sont proposées.

D'abord la lecture du mythe comme une trajectoire individuelle. Il semble évident que l'autosatisfaction, l'orgueil nous isole de nos semblables. Nous affirmons souvent :"tu ne peux pas comprendre", comme si nous étions seuls à pénétrer un savoir acquis. Et pourtant, la prise de conscience de notre état, le fameux "je suis", nous oblige à retrouver nos semblables, à continuer la recherche, abandonner la sécurité et partager nos connaissances avec nos congénères.

D'un point de vue social, la dispersion devient indispensable même à la meilleure des sociétés qui a besoin de se renouveler, de se diversifier. La monotonie tue l'harmonie, l'évolution est une loi inéluctable. La diversité est une condition de l'évolution."Magda Nemeth"

fleche-rose La tour de BABEL aborde également la question du pouvoir mal utlisé dans un objectif personnel égocentré (Nemrod) qui ne vise plus ou pas l'évolution d'une société

fleche-rose Enfin, nous voyons par ce texte que rien n'est acquis, rien n'est figé : tout peut basculer d'un moment à l'autre : le mouvement et la transformation font partie de la vie. D'où la nécessité d'apprécier le moment présent. Le bonheur, c'est...ici et...maintenant !

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